7 excellentes raisons de visiter le Yunnan, en Chine

7 excellentes raisons de visiter le Yunnan, en Chine

Le Yunnan est une province du sud-ouest de la Chine, porte d’entrée des voyageurs en provenance de l’Asie du Sud-Est désireux de découvrir l’Empire du milieu. Car le Yunnan est frontalier de la Birmanie, du Laos et du Vietnam.

Sans doute en raison de cette idéale situation géographique, de la diversité de ses paysages et du fait qu’elle n’abrite pas moins de 25 minorités ethniques, le Yunnan est une région très touristique. Malgré cela, c’est une province très pauvre ; le contraste avec l’est du pays est saisissant.

 

Il y a 1001 raisons de visiter le Yunnan, mais nous en exposerons ici seulement 7. Mais attention, 7 excellentes ! Bien évidemment, il ne s’agit pas d’une liste exhaustive, et ce n’est pas parce que l’on recommande un endroit pour être « hors du temps », qu’il ne permet pas aussi de « découvrir certaines des minorités ethniques » habitant le Yunnan. Nous avons simplement voulu regrouper certains spots ou villes autrement que par logique géographique.

Prendre de la hauteur

Si le Yunnan marque par sa diversité de paysages, elle reste avant tout une région majoritairement montagneuse. Prisée des amateurs de haute montagne dans le district de Shangri-La, certaines visites de villes pourraient également donner le mal des montagnes aux plus sensibles d’entre nous (la capitale Kunming se situe notamment à 1900 m d’altitude).

Indéniablement, le district de Shangri-La mérite un réel déplacement, notamment pour les amateurs de treks ; le plus connu est vraisemblablement celui des Gorges du Saut du Tigre, mais mentionnons également celui qui fait face aux sacrées Meili Snow Mountains, au départ du village de Xidang et en direction de Yubeng, dont parle très bien Voyagista. Il est également possible de faire le tour du mont enneigé du Dragon de Jade en quelques jours.

Les Gorges du Saut du Tigre, Yunnan, Chine(photo : aloys_dharambure)

Découvrir les cultures des différentes minorités ethniques

Si la Chine est peuplée à 90% de l’ethnie Han, la province du Yunnan compte à elle seule la présence de la moitié des minorités ethniques vivant à travers le pays, soit pas moins de 25. Ces minorités ethniques possèdent toutes leur propre histoire, langage, culture, rites et traditions, et parfois même leur propre religion.

Par exemple, les Bai de Dali (que l’on rencontre principalement dans la région de Dali) étaient jadis de grands voyageurs ; ils commerçaient sur l’ancienne route du thé et des chevaux. Citons également les Naxi (qui vivent majoritairement dans la région de Lijiang) et qui sont des descendants de nomades tibétains, possédant leur propre religion et leur propre écriture. Les Yi, quant à eux (habitant principalement les régions montagneuses mais tout de même présents partout au Yunnan) ont plusieurs dialectes, leur propre écriture, et pour certains, pratiquent encore le chamanisme.

Monsieur de la minorité ethnique des Naxi, Yunnan, ChineHomme de la minorité des Naxi (photo : Bernard Polet)

Visiter quatre sites inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO

La tout premier site du Yunnan a avoir été inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO fut la vieille ville de Lijiang (en 1997), en tant que « ville ancienne exceptionnelle sise dans un paysage spectaculaire ». Il faut dire que la ville a été construite sur les pentes d’une montagne, surplombant la vallée du fleuve Yangzi et traversée par un réseau de canaux rendant ses ruelles féériques. Tellement féériques que le tourisme y fait rage, dénaturant quelque peu l’expérience. Pour profiter de la ville sans les hordes de touristes (chinois pour la plupart !), mieux vaut se lever très tôt. Allergiques aux foules, préférez le village voisin de Shuhe.

Les belles ruelles de Lijiang, Yunnan, ChineLes ruelles de Lijiang (photo : Leonard Witzel)

En 2003, ce sont les aires protégées des trois fleuves parallèles au Yunnan qui ont reçu le statut de Patrimoine mondial de l’UNESCO. « Composées d’une exceptionnelle diversité de paysages, avec des gorges fluviales profondes, des forêts luxuriantes, des cimes enneigées, des glaciers, des reliefs alpins karstiques et des pics de grès rouge (Danxia), des lacs et des prairies, ce site de 1,7 million d’hectares comprend des secteurs du cours supérieur de trois des grands fleuves d’Asie : le Yang-Tse (Jinsha), le Mékong et le Salouen. Ces trois fleuves coulent pratiquement en parallèle, du nord au sud, à travers des gorges vertigineuses qui atteignent par endroits 3 000 mètres de profondeur et sont bordés de hauts sommets dont les pics glacés s’élèvent à plus de 6 000 mètres. » Bref, une merveille de la nature.

C’est ensuite les Karst de Chine du Sud qui ont été classées au Patrimoine mondial (en 2007). Une partie de ces surprenantes formations karstiques se trouve au Yunnan ; les voyageurs les connaissent sous le nom de « Forêt de pierres de Shilin ».

La forêt de pierres de Shilin, Yunnan, ChineLa Forêt de pierres de Shilin (photo : Marcel Holyoak)

Quelques années plus tard, ce sont les rizières en terrasse des Hani de Honghe (plus communément appelées les rizières de Yunyang) qui ont obtenu la reconnaissance de Patrimoine mondial (en 2013). Ces deux sites font généralement partie des « incontournables » pour tout voyageur au Yunnan ; nous parlons des rizières plus bas dans cet article.

Suivre l’ancienne route du thé et des chevaux

Moins connue que la célèbre « Route de la Soie », la route du thé et des chevaux n’en est pas moins mythique. Son nom, elle la doit au troc « thé contre chevaux » qui se faisait à cette époque pour satisfaire le peuple tibétain amateurs de thé, d’un bord – et la Chine qui avait besoin de chevaux pour son armée impériale de l’autre. Pas très équitable comme échange ? C’est pourtant la réalité ! Pour être tout à fait exact, il existait en fait plusieurs routes du thé et des chevaux. Au Yunnan, elle débute aux environs du village de Pu’er, passant par Dali, Lijiang, ou encore Zhongdian (plus connu aujourd’hui sous le nom de Shangri-La). Le commerce s’est diversifié par la suite (fourrures, laines, musc, etc) et aujourd’hui, ce sont principalement de grosses routes goudronnées qui continuent à relier la province du Yunnan au Tibet. Il est également possible d’en faire une ou plusieurs portions à pied, comme à l’époque ! Quelques escales sur l’ancienne route du thé et des chevaux valent le coup, comme Shaxi (et son sublime marché du vendredi) ou encore Weishan (et ses magnifiques petites rues piétonnes). À noter : ce très bel article (et ces magnifiques photos) de WorldWildBrice faisant l’éloge de Shaxi.

Shaxi, Yunnan, ChineLe village de Shaxi (photo : jie yang)

Découvrir la Chine « hors du temps »

Le Yunnan, c’est aussi découvrir une Chine authentique, hors du temps, comme coincée dans une autre époque. Bien entendu, visiter une « Chine authentique » cela a un coût : celui du tourisme. Les curieux s’intéressent de plus en plus à cette Chine hors du temps, à commencer par les Chinois eux-mêmes ; il y a plus d’1 milliard d’habitants en Chine, les premiers à voyager dans leur propre pays sont donc bien les Chinois. Évidemment, les foules de visiteurs dénaturent quelque peu les visites et les expériences, comme nous le disions à propos de Lijiang. Il convient donc d’être rusé et de ne pas avoir peur de se lever tôt pour visiter aux petites heures, et ainsi éviter les ruelles féériques bondées qui peuvent alors devenir un vrai cauchemar. De façon plus générale, il est conseillé d’éviter de visiter le Yunnan durant les vacances chinoises ; ce conseil est par ailleurs valable tout au long de cet article.

Considérablement moins touristique, Jianshui mérite une escale pour son superbe Temple de Confucius, son Pont du Double Dragon, et le petit village voisin de Tuanshan. Il fait bon vivre dans cette petite ville où prendre le temps d’observer et d’apprécier chaque détail est le maître-mot. Les plus aventuriers goûteront au « stinky tofu » (tofu qui pue), une spécialité culinaire du coin… Vous nous en direz des nouvelles…!

Le Pont du Double Dragon à Jianshui, Yunnan, ChineLe Pont du Double Dragon à Jianshui (photo : Stephen Bugno)

On pourrait de nouveau citer les charmants villages de Shaxi et de Weishan, mais on aurait tort d’oublier Weiboshan, haut lieu du Taoïsme en Chine.

S’offrir un avant-goût de la culture tibétaine

Il n’y pas si longtemps, Shangri-La n’était qu’un mythe issu de la littérature, un lieu édénique créé de toute pièce dans les années 30 par le romancier britannique James Hilton. Depuis 2001, la ville de Zhongdian est devenue Shangri-La, faisant de cette place – jadis oubliée – un eldorado du tourisme, une véritable « place to be » pour les visiteurs de la province du Yunnan.

La ville de Shangri-La est donc aujourd’hui indéniablement très touristique. Ceci étant dit, son monastère du Songzanlin mérite à lui seul l’escale. On en dira ce que l’on en veut, mais Shangri-La reste la porte d’entrée vers la culture tibétaine du Yunnan. Les façades du monastère, les drapeaux de prières par milliers, les petites ruelles ombragées, font de la vieille Zhongdian un endroit particulièrement photogénique, qui respire la sérénité, mais qui peut sembler, certes, parfois manquer un peu d’authenticité.

Shangri-La, Yunnan, Chine(photo : Tim Kelly)

Pour découvrir la culture tibétaine, il est aussi fort conseillé de sortir de la ville et de découvrir la région de Shangri-La et ses petits villages d’altitude (Yubeng, Cizhong, Dukezong, Niru…). Les amateurs de treks seront ici au paradis.

Voir des paysages à couper le souffle

Le Yunnan concentre un nombre impressionnant de TRÈS beaux paysages. Les fameuses rizières de Yuanyang, classées au Patrimoine mondial de l’UNESCO (voir ci-dessus) représentent pour certains LE plus beau paysage naturel de la région, voire même carrément les plus belles rizières du monde. C’est ce qu’explique Voyagista dans cet autre article (attention, les photos sont merveilleuses !).

Les hallucinantes rizières de Yuanyang, Yunnan, Chine(photo : peteropaliu)

Non loin de Shangri-La, se trouve le Parc national de Pudacuo, le premier parc national ayant été ouvert en Chine. Les paysages y sont réellement sublimes et les deux lacs, Bita et Shudu, viennent offrir un peu de contraste au monde végétal alentour.

Toujours dans la famille des lacs, citons le Lac Lugu qui se visite en « auge à cochon » (la pirogue locale) afin de se rendre sur les îles du lac, ou bien en scooter, afin de découvrir les petits villages en bordure du lac et les magnifiques points de vue sur cette immense étendue d’eau tout à fait reposante. Comme bien souvent au Yunnan, c’est aussi la façon de vivre des minorités ethniques du coin qui teinte l’expérience du visiteur ; au Lac Lugu, les surprenantes coutumes des Moso apportent de la magie et du mystère à la découverte…

Difficilement accessible, la Vallée du Nujiang se mérite ! Mais quel spectacle ! Au coeur de la chaine de montagnes de Hengduan, cette vallée permet d’observer des pics de plus de 4000 m d’altitude, des cascades se déversant avec puissance dans la rivière, une forêt luxuriante, des cols offrant des panoramas à couper le souffre, bref, une véritable merveille de la nature. Le village de Bingzhongluo et ses alentours offrent parmi les meilleurs vues sur la rivière Nujiang, dont le « premier coude », premier virage à 360° de la rivière, impressionnant par sa beauté.

La Vallée de Nujiang, Yunnan, Chine(photo : Axel Drainville)

Nous parlions, plus haut, de la Forêt de pierres de Shilin comme l’une des merveilles classées Patrimoine mondial de l’UNESCO. Très touristique, ce site où il faut – a priori – en plus suivre un chemin balisé pourrait agacer quelques voyageurs assoiffés de découvertes en parfaite liberté. Cependant, cet article de Bloup Trotters donne quelques précieux conseils pour visiter la Forêt de pierres en toute quiétude. Comme quoi, à tout problème ou presque, il y a sa solution !

Relativement peu touristiques, les Terres Rouges de Lexiaguo (aussi appelées Terres Rouges de Dongchuan) charmeront tout particulièrement les photographes. Indéniablement photogéniques (à condition que la lumière coopère ce jour-là !), les Terres Rouges doivent leur nom à plusieurs éléments : elles sont pauvres, riches en fer et en aluminium, et très acides.

Pour finir, il y a une chose à ne pas louper pour les voyageurs qui sont là de la mi-février à la mi-mars : ce sont les champs de colza de Luoping. Ils ne fleurissent qu’en cette saison, et c’est pour le moins spectaculaire.

Les champs de colza de Luoping, Yunnan, Chine(photo : Stéphane DAMOUR)

Il semble difficile de conclure cet article tant il ne peut être exhaustif. Le Yunnan recèle bien des trésors, de ses merveilleux temples où la sérénité est reine à la folie citadine de Kunming, en passant par les beautés naturelles par milliers, de la frontière vietnamienne jusqu’aux confins de l’Himalaya. Le Yunnan mérite d’être visité à un pas de tortue ; de prendre le temps, d’observer, d’écouter, de mettre la vie sur pause.

Crédit photo à la une : secharoth

Written by Anne

Voyageuse, amoureuse des mots, de l'image et des autres humains en général, Anne a rejoint l'équipe Zip World après avoir pris le temps de voyager autour du monde en 2013 à la rencontre des Français de l'étranger, dont elle livre les portraits sur son blog personnel : www.allervoirailleurssijysuis.fr

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *