Interview voyageurs : Estelle et Nathan et leur PVT en Nouvelle-Zélande

Interview voyageurs : Estelle et Nathan et leur PVT en Nouvelle-Zélande

Estelle et Nathan ont choisi de faire une pause dans leur vie, comme de nombreux jeunes (ou moins jeunes). Le Permis Vacances Travail (PVT ou WHV – pour Working Holiday Visa) s’avère souvent être le meilleur des compromis pour ces jeunes-là, désireux de découvrir autre chose, après des études, avant la vie professionnelle, en pleine remise en question, ou tout simplement pour découvrir autre chose le temps d’une année (ou deux).

Estelle et Nathan au Upper Tama Lake (Tongariro Northern Circuit)

Bonjour Estelle et Nathan ! Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Bonjour ! Nous sommes un jeune couple composé de : 

Estelle, 24 ans, originaire de Blois (Loire-et-Cher). En juin dernier, j’ai validé un master 1 dans l’enseignement, dans le but de devenir professeur de SVT au collège ou au lycée. J’ai pris une année de césure pour partir en Nouvelle-Zélande. Je pense avoir trouvé mon domaine de prédilection avec l’enseignement, c’est un important centre d’intérêt pour moi. Travailler avec les enfants me procure de la joie ! Les sciences en général me passionnent, la nature, tout ce qui constitue la Terre du point de vue de la biologie et de la géologie (et en Nouvelle-Zélande, je suis servie ! J’ai approché un volcan actif pour la première fois de ma vie !), tout ce qui touche à la santé m’intéresse aussi énormément, ainsi que la préservation de l’environnement, et l’habitat alternatif.

Nathan, 24 ans ; je suis originaire de Saumur (Maine-et-Loire). J’ai terminé mon master en 2017, dans le domaine de la maintenance et de l’exploitation technique de bâtiment (gestion de la maintenance des lots techniques comme le chauffage, les ascenseurs, le système de sécurité incendie…). J’ai commencé ma vie active dans la foulée en CDI sur Paris. Je suis quelqu’un d’assez curieux qui aime apprendre de nouvelles choses et compétences. J’aime passer mon temps libre à me former au montage vidéo, la photo, la programmation, etc… J’aime aussi les grands espaces, l’escalade, les sports à sensation. Nous nous sommes rencontrés, Estelle et moi, en 2016, sur un mur d’escalade, quand nous étions tous les deux étudiants à l’université d’Angers. Puis, nous avons passé une année à distance, Estelle étudiant à La Rochelle et moi, travaillant à Paris. Estelle prenait le TGV tous les week-ends, ou presque, pour monter sur Paris.

Estelle et Nathan à Wai-o-Tapu, près de la Champagne Pool (Waikato).

Vous êtes partis pour un PVT en Nouvelle-Zélande. Pourquoi ce choix ?

Estelle : Pour Nathan, il a toujours été question de partir en grand voyage, et, au fur et à mesure de sa relation avec moi, il m’en a donné envie aussi. Au départ, Nathan devait travailler un année ou deux pour gagner en expérience, économiser et ensuite partir en voyage. Mais, après environ 5 mois de travail à Paris, partir à l’étranger devenait une obsession, plus encore quand le travail devenait lassant et Paris étouffant. Il a finalement démissionné après 6 mois de vie active dans l’idée de partir en SVE (Service Volontaire Européen). Et finalement, après quelques discussions et recherches, l’idée du PVT a fait son chemin, plus simple, plus libre qu’un SVE. Il désirait un pays anglophone, avec une nature et des paysages extraordinaires. Il voulait aussi sortir de l’Europe. Dans la liste des PVT, il restait le Canada, l’Australie et la Nouvelle Zélande qui répondaient à ces critères. Le PVT Canada est assez prisé et difficile à obtenir, et entre l‘Australie et la Nouvelle-Zélande, c’est la Nouvelle-Zélande qui l’a emporté pour sa diversité de paysage, ses randonnées, et parce que moins de français partent en Nouvelle-Zélande, comparé à l’Australie.

De mon côté, il n’était pas vraiment question de prendre une année sabbatique pour partir à l’autre bout du monde. Je devais terminer mon master 1, passer mon concours de professeur (CAPES) et commencer mon master 2 dans la foulée… Bref, « suivre le droit chemin ». Et puis, à force d’y réfléchir, l’idée du voyage à fait son chemin dans ma tête. Pourquoi ne pas tout plaquer et s’en aller après tout ? J’ai alors décidé de passer mon CAPES et d’aviser en fonction des résultats. Hélas, ou plutôt heureusement, j’ai raté les écrits à 0,12 point. C’est ainsi que les préparatifs ont pu débuter pour un départ 5 mois plus tard ! La Nouvelle-Zélande fut un choix fabuleux, initié par Nathan et totalement approuvé par moi-même. D’autant plus, qu’il était grand temps de progresser en anglais ! Alors, j’ai saisi l’opportunité de venir en Nouvelle-Zélande avec Nathan parce qu’une occasion pareille, ça ne se loupe pas. Le PVT est d’une telle simplicité administrative que ça a été une évidence pour nous.

Vous avez choisi Zip World pour vos billets d’avion. Votre itinéraire est bien le suivant ? Paris – Auckland – Melbourne – Bali // Bangkok – Paris. Votre voyage, ce n’est pas juste un PVT, finalement ? 🙂

En effet, il s’agit bien de notre itinéraire. Voir autre chose que la Nouvelle-Zélande n’était pas initialement prévu. À l’origine, nous pensions prendre un billet aller/retour Paris-Auckland sur un comparateur de vols classique. Mais, un peu par hasard au cours d’une soirée BBQ, nous avons discuté avec une amie qui était partie en Nouvelle-Zélande avec un PVT quelques années plus tôt. Elle nous a appris l’existence de Zip World et nous a expliqué qu’elle avait pu découvrir quelques pays avant de rentrer en France par ce biais. Ce témoignage nous a encouragé à jeter un œil aux offres « tour du monde ». Finalement, tant qu’à être en Nouvelle-Zélande, autant aller visiter les « alentours » ! C’est ainsi que nous avons contacté l’équipe de Zip World avec une liste de pays en tête pour le chemin du retour, et nous sommes arrivés à un chouette résultat, à un prix carrément satisfaisant, au cours de nos échanges.

Vous êtes actuellement à mi-chemin de votre PVT. Comment cela se passe sur place ? 

Le voyage se passe bien, très bien même ! Nous avons commencé par acheter un van aménagé à notre arrivée à Auckland, puis nous sommes partis en road trip à la découverte de l’île du nord. Trois mois de découvertes, d’émerveillement, de rencontres et de remises en question sur ce que nous pensions du confort et de la possession matérielle. Nous avons ainsi vécu sur notre argent mis de côté, génial mais pas éternel. Il nous fallait passer au « T » du PVT, c’est ainsi que nous avons atterri à Kaikoura, où nous travaillons actuellement tous les deux. Mi-temps dans un camping et mi-temps dans un restaurant, nous jonglons avec une cinquantaine d’heures de travail par semaine depuis mi-janvier. Nous projetons d’y rester jusqu’à fin mars. D’après nos petits calculs, ces 2 mois et demi de travail nous suffirons pour continuer et finir le voyage jusqu’à fin septembre. Ainsi, nous reprenons la route début avril à la conquête de l’île du Sud, en espérant ne pas avoir trop froid (eh oui, l’été se termine ici). Nous quittons la Nouvelle-Zélande mi-juillet, déjà 5 mois que nous sommes ici, nous n’arrivons pas y croire… Le temps passe tellement vite en voyage.

Oko, le van, sous le soleil de Tutukaka (Northland)

Qu’espériez-vous de ce PVT ? Et qu’attendez-vous de ce voyage en général ?

Nathan : Nous avions certaines espérances en communs et d’autres plus personnelles. D’abord, nous voulions tous les deux progresser en anglais. Nous sommes partis avec un niveau assez mauvais (surtout Estelle). L’anglais est une langue qu’on apprécie et qu’on souhaite maitriser aussi bien dans un but personnel que professionnel.

Estelle venait de finir son master 1 après 6 ans d’études supérieures, et moi mon master 2 après 5 années. Aucun de nous deux n’a profité d’une année de type « Erasmus » ou de tout autre voyage longue durée durant notre cursus.

Pour moi qui depuis longtemps aspirais à partir en voyage au long cours, il s’agissait de prendre du recul sur mon parcours universitaire et professionnel. Le métier que j’exerce, dans le domaine que j’exerce (CDI, management classique, manque de sens dans les missions) ne me permet pas de m’épanouir. Ce voyage a pour but d’échapper au chemin qui m’était tracé, tout en découvrant d’autres possibilités.

Nathan et ses débuts avec la planche de surf à Makorori Beach (Gisborne)

Pour Estelle, il s’agit d’une césure dans ses études, car après 2 années en médecine, 3 en biologie et une en enseignement, la motivation n’est plus au beau fixe et la pause s’impose. Ce voyage lui a permis d’ouvrir les yeux sur les différentes manières d’enseigner et peut-être que l’enseignement classique sous gouverne du ministère de l’éducation français ne lui convient pas tant que ça… D’autres alternatives sont possibles : Enseignement Montessori, enseigner à l’étranger, travailler pour une association comme l’Alliance Française, partir en service civique pour l’éducation pour tous, ou bien en PVT au Canada pour terminer ses études là-bas. Pour tous les deux, ce départ en Nouvelle-Zélande est une grande bouffée d’oxygène qui nous permet le prendre le recul nécessaire à la prise des bonnes décisions, pour notre futur retour en France. Et ce n’est pas fini ! Il nous reste encore 7 mois pour nous poser beaucoup d’autres questions et changer d’avis plusieurs fois… C’est ça qui est génial !

Avez-vous des conseils à donner à ceux qui pensent à faire un PVT ?

Notre ultime conseil est le suivant : si tu « penses » à faire un PVT, alors ne lâche pas et pars, malgré ce que les autres peuvent dire. Si on y pense, il faut y aller ! Sinon, regrets il y aura.

La destination doit être un choix personnel, en fonction des attentes que tu as et de tes passions. Nous, qui apprécions vivre en pleine nature, avons apprécié se retrouver dans un pays peu habité, avec des paysages tous plus splendides les uns que les autres et, aussi, à taille humaine. Notre expérience ici en Nouvelle-Zélande, nous n’aurions pas pu l’imaginer avant de partir et nous ne regrettons en rien notre départ. Il est possible de regretter certains aspects, comme par exemple l’éloignement de ses proches ou le manque de confort. Néanmoins, l’expérience globale du PVT sera forcément source de découverte et d’apprentissage.

La cuisine dans notre van, c’est l’heure de la soupe !

Plus concrètement, nous pensons que la préparation et l’organisation d’un PVT est simple mais n’est pas à prendre à la légère. Fais une liste à cocher sur un tableau blanc, c’est que nous avons fait ; ça nous a bien aidé. Sur Internet, il y a des masses de ressources (articles, vidéos, etc) qui t’aideront, étape par étape. Le plus important est de prendre la décision de partir et ensuite, tout roule !

Sur place, les premières semaines sont déstabilisantes ! Ta première semaine se doit d’être au minimum planifiée pour faire les démarches (achat d’une voiture/van, ouvrir un compte en banque, demande d’un numéro fiscal, etc) nécessaires au bon déroulement de ton année. En une semaine, nous avions notre nouvelle maison roulante et nous étions en règles avec l’administration néo-zélandaise (qui est au passage bien plus simple que la notre) pour travailler et recevoir un salaire. Quitter Auckland au volant d’Oko (notre van) avec l’esprit serein a été un moment de joie immense ! Pour ceux qui choisissent la Nouvelle-Zélande, un conseil, ne restez pas à Auckland trop longtemps. La beauté du pays réside rarement dans ses villes. D’autre part, nous pensons qu’il est primordial de respecter les locaux, d’essayer de représenter la France du mieux possible.

Estelle qui gravit les dunes de Te Paki (Northland)

Pour tous les conseils du quotidien, nous publions régulièrement nos astuces de voyage sous forme de posts Instagram et d’articles sur notre site.

Il y a mille et une façon de voyager, à toi de trouver la tienne. Nous avons rencontré des personnes qui finalement n’ont pas apprécié la « van life » et qui aurait préféré voyager avec plus de confort. D’autres partent en vélo ou à pied, à toi de trouver celle qui te convient le mieux.

Pour suivre le voyage d’Estelle et Nathan :
Blog : www.lemoutonkiwi.fr 
Instagram / Facebook / YouTube : @lemoutonkiwi

Written by Anne

Voyageuse, amoureuse des mots, de l'image et des autres humains en général, Anne a rejoint l'équipe Zip World après avoir pris le temps de voyager autour du monde en 2013 à la rencontre des Français de l'étranger, dont elle livre les portraits sur son blog personnel : www.allervoirailleurssijysuis.fr

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