Interview voyageurs : Préparer un tour du monde en famille, Alice, Fred et leurs « petits voyageurs » racontent

Interview voyageurs : Préparer un tour du monde en famille, Alice, Fred et leurs « petits voyageurs » racontent

Alice & Fred sont actuellement en voyage autour du monde avec leurs deux enfants ; Esteban, presque 6 ans, et Ruben, 3 ans. Au moment du départ, les enfants avaient 1 an de moins, car Alice, Fred et leurs « Petits Voyageurs » sont sur les routes depuis presque 18 mois. Cette durée de tour du monde est peu commune, car comme beaucoup le savent déjà, les billets d’avion « tour du monde » ne permettent que de voyager 1 an au maximum. Mais Alice & Fred ont réussi astucieusement à contourner cette contrainte. Dans cette interview, ils nous expliquent comment ils ont géré l’organisation d’un si long périple avec leurs 2 enfants en bas âge.

Bonjour Alice & Fred ! Pour commencer, pouvez-vous nous dire comment vous avez contourné la contrainte du « 1 an maximum » imposée par les compagnies aériennes sur les billets « tour du monde » ?
Nous avons organisé notre voyage comme s’il s’agissait… de 2 voyages ! 2 fois 9 mois ! Pour la première partie de notre voyage, nous avons pris un billet multi-destinations, qui était Paris – Rio de Janeiro – San José – Paris. Nous y avons également ajouté plusieurs vols indépendants, notamment en Argentine et pour quitter la Colombie. Cela nous a permis de voyager en Amérique latine durant 9 mois, avant de faire faire une escale en France pour pouvoir continuer vers l’Asie. Mes recherches de l’époque m’avaient montré que depuis le Costa Rica (San José), les vols vers l’Asie étaient hors de prix. Il semblait alors plus judicieux de revenir en France pour repartir. Pour la seconde partie de notre voyage, nous avons choisi Zip World ; et notre itinéraire est :
Paris – Dubai – Colombo – Cochin // Delhi – Bangkok – Manille – Christchurch // Auckland – Melbourne // Darwin – Alice Springs – Sydney – Paris. Nous avons également ajouté des vols low costs, notamment en Inde et pour la Birmanie.

Quels pays visitez-vous au cours de ce voyage ?
Nous avons visité le Brésil, l’Argentine, le Chili, la Bolivie, le Pérou, l’Équateur, la Colombie, le Panama (juste le temps d’un jour et d’une nuit !), le Costa Rica, les Émirats Arabes Unis, le Sri Lanka, l’Inde, la Birmanie, les Philippines, la Nouvelle-Zélande, et actuellement, nous terminons avec l’Australie !
Rien que d’écrire cette liste, je réalise à quel point nous sommes en train de vivre une expérience géniale et à quel point on a eu raison de prendre cette décision !

Comment s’est passée la préparation d’un tour du monde avec deux enfants en bas âge ?
La préparation s’est bien passée. On a rendu l’appartement dont nous étions locataires, Fred a quitté son job en agence événementielle, et moi, Alice, j’ai fini mon contrat de freelance en service presse. Nous avons vendu une grosse partie de nos meubles et de nos affaires, et avons stocké le reste chez nos parents (merci à eux !). Changement assez radical en ce qui nous concerne donc, mais pour autant, cela n’a pas été douloureux, bien au contraire ! Nous aimions notre appartement et nos jobs, mais nous n’en pouvions plus de notre routine. Donc la préparation a été vécue comme une étape joyeuse nous rapprochant du « but ultime ». On doit reconnaitre qu’une fois notre décision prise, toutes ces étapes, nous les avons adorées et ne les avons pas vécues de façon stressante, car nous savions que nous nous rapprochions du but. On se sentait aussi plus légers, débarrassés du superflu, prêts à se concentrer sur l’essentiel : notre famille.

RubenRuben, en Inde

Comment Esteban et Ruben ont réagi à l’annonce de ce voyage ?
Pendant longtemps, ça n’a pas été facile de trouver le bon moment pour leur en parler ; on ne voulait pas les mettre devant le fait accompli, mais en même temps, plus on les prévient longtemps à l’avance, plus le temps leur semble long ! Mais on en a parlé aux deux. Ruben, le plus jeune, ne sachant pas parler à l’époque, n’a pas pu nous interroger mais rien ne montrait dans son comportement une quelconque appréhension. Du côté d’Esteban, il a trouvé ça parfois un peu déstabilisant de rentrer de l’école et de voir qu’il manquait la télé, la table ou encore le canapé. Car vers la fin, presque chaque jour un meuble « disparaissait » ! Il a adoré faire une fête pour son départ avec tous ses copains. Puis il y a eu les fêtes de fin d’année avant notre grand départ, donc ça a reporté l’excitation du voyage sur ces moments familiaux intenses. À ces âges-là, nous ne les avons pas fait intervenir dans le choix des destinations et même si nous leur avons montré les 1ères étapes (merci certains dessins animés qui nous ont aidé à rendre cela concret, comme « Rio » !), cela restait assez théorique pour eux, même pour le plus grand. C’est sans doute très différent avec des enfants plus âgés !

Esteban et Ruben dans un hamac de Nouvelle-ZélandeDétente pour les garçons en Nouvelle-Zélande

Quels sont les éléments spécifiques à prendre en considération lorsque l’on voyage avec deux enfants en bas âge ?
Au moment du départ, les 2 avaient tétines, biberons et couches (uniquement pour la nuit pour le plus grand), alors ça a été un vrai challenge ! Esteban arrivait à une période où – indépendamment du voyage – il commençait à se séparer de tout ça. Le voyage a donc sans doute accéléré le processus. Au quotidien, ce n’est pas toujours facile de trouver des couches XXL dans pas mal de pays par lesquels nous sommes passés. Le lait aussi a été un énorme challenge, surtout en Inde où l’on trouve difficilement du lait en brique. Et puis le lait frais ne se conserve pas sans frigo, ce qui est le cas quand on voyage de façon itinérante. Mais pas facile ne veut pas dire impossible ! Il faut juste s’organiser et prévoir un peu de places pour les couches et le lait ! Quant aux siestes, elles se font n’importe où ! Dans un bus, dans le sac à dos porte-bébé, dans les bras si pas le choix, et parfois même dans le lit de l’hôtel ! Nos 2 enfants sont assez souples dans leur rythme, aussi bien niveau nourriture que sommeil ! Je pense que, globalement, les enfants s’adaptent bien mieux que les adultes !

Ruben fait sa sieste sur un quai de gare, en IndeEffectivement, Ruben est capable de faire la sieste partout ! Ici sur un quai de gare, en Inde !

Encore une fois, les parents sont les meilleurs pour connaitre leurs enfants et nous avions déjà voyagé avec eux sans aucun souci. Nous sommes partisans du voyager léger d’un point de vue « accessoires d’enfants » : pas de chauffe-biberon, pas de lit-parapluie, pas de rehausseur pour les repas. En revanche, quand ils étaient plus petits, nous avions un super lit Samsonite « pop up » anti UV qui était vraiment génial. Nous avons aussi emmené pas mal de jouets (enfin ça c’est l’avis des parents, car de leur côté, ils auraient bien pris toute leur chambre !) et un livre de contes. Nous avons aussi un sac à dos porte-bébé pour porter Ruben lors des grandes randos. Pour l’anedocte, je me souviens d’une collègue pleine d’empathie, qui paniquait à notre place à l’idée d’emmener des enfants si loin avec si peu de choses « et comment vous allez faire pour les couches ? Et les pots ? Et le lait ? »… Je l’avais rassurée à ma manière : « là-bas aussi ils ont des enfants tu sais ! » 😉 Alors certes ce n’est pas exactement comme chez nous (sinon pourquoi partir d’ailleurs) mais on trouve toujours des solutions !

Esteban apprend à traire une vache en ColombieEn Colombie, Esteban apprend à traire une vache

Lors des préparatifs, aviez-vous des appréhensions ?
Pas réellement ! On a toujours voyagé avec eux, et ce, depuis qu’ils sont tout petits (dès leur 6 mois pour chacun d’eux). Nous sommes convaincus que le danger est à la fois partout et nulle part ; il peut être en bas de chez nous, aussi bien que dans cet ailleurs que l’on nomme « à l’étranger ». Donc nous avons pensé que si l’on évitait les pays en guerre ou en pleine épidémie d’une maladie grave, ça devrait le faire ! Évidemment, nous n’avions pas spécialement envie que nos enfants aillent à l’hôpital à l’étranger, surtout si c’est au beau milieu de nulle part. Mais franchement, un enfant qui tombe et se casse le bras, ça peut arriver n’importe où et ça ne prévient pas. Quant aux maladies, nous appréhendions un peu celles dites « exotiques » ; il existe des façons de limiter les risques, c’est ce que nous avons fait. Nous savions également d’avance que nous allions éviter de prendre des risques inconsidérés (enfin selon nos critères) comme partir à 3 jours de pirogues au fin fond de l’Amazonie. On aurait adoré ça ! Mais pas avec nos 2 loulous. Ce n’est pas infaisable, mais nous n’aurions pas été tranquilles. Les appréhensions au final, elles étaient plus du côté de nos proches, famille et amis ; risques sanitaires, peur de l’insécurité de certains pays… Et malheureusement, peu de temps après notre départ, la France a connu son premier terrible attentat. Nos amis nous disaient alors de rester là où nous étions, que nous étions plus en sécurité en Amérique du Sud qu’en Europe. Je crois, que ce paradoxe a démontré que le danger n’est pas toujours là où on le croit, et que nous avons des croyances sur certains pays ou continent, surtout lorsqu’ils sont encore inconnus pour nous.

Esteban et Ruben en BirmanieEsteban et Ruben dans une famille de Birmanie

Et ces « non-appréhensions », se sont-elles vérifiées au cours du voyage ?
Nous nous sommes toujours sentis en sécurité pendant notre voyage. Ce qui fait qu’à un moment donné, nous avons baissé notre vigilance. Une fois, et cela a suffit ! Nous nous sommes fait voler dans un bus en Équateur. En soi, rien de grave, que du matériel… Sauf que cela a entamé – momentanément – notre façon de voyager et d’aller vers l’autre sans crainte. Nous avons continué notre voyage et c’est rapidement redevenu un grand plaisir. Côté santé des enfants, nous n’avons jamais rien eu de grave, pour ne pas dire rien du tout ! Ils n’ont jamais vu de médecin pendant le voyage (pour l’instant) car il n’en ont jamais eu besoin (sauf le dentiste pour contrôle lors de notre passage en France après les 9 premiers mois). C’était peut-être un coup de chance, mais nous aimons croire qu’ils se sont fait leurs propres défenses immunitaires, car nous étions loin d’avoir un flacon de désinfectant toujours à porter de main ! Mais là encore, nous ne sommes pas des modèles (ça existe, ça, d’ailleurs ?) et on ne prône pas pour autant le laxisme complet en la matière. Nous ne sommes pas mieux que les autres et avons conscience qu’il y a aussi une part de chance.

Au cours du voyage, faites-vous des séquences « école » avec Esteban ? 
Pour la petite piqûre de rappel, il faut savoir que ce n’est pas l’école qui est obligatoire en France mais l’instruction, et ce dès 6 ans. Dans notre cas l’instruction n’est obligatoire pour aucun d’eux (un avantage de voyager avec des enfants en bas-âge !). Mais comme Esteban est allé à l’école avant, nous souhaitions continuer cette forme d’apprentissage pendant le voyage ! Je pense que comme beaucoup de parents en voyage s’accorderont à le dire, ce n’est pas toujours facile d’endosser ce nouveau rôle ! De notre côté, comme cela n’est pas obligatoire, j’avoue que l’on a de la chance car on peut se permettre d’être très souple. Dans notre monde idéal, c’est école tous les jours, environ 40 minutes. Une page d’un de ses 3 cahiers (lecture, écriture, maths). Dans les faits, on adapte pas mal au programme du voyage : visites, transports, etc… J’ai commencé le voyage en me donnant une mission quasi-militaire pour l’école, j’ai été une maîtresse assez dure parfois, manquant de méthodes et d’outils, et puis un jour j’ai jeté l’éponge : à quoi cela servait-il de lui mettre toute cette pression ? Surtout que nous étions en réalité convaincus que ce qu’il apprend au quotidien en voyageant est tout aussi important ! Alors on a simplifié les règles, et cela nous va très bien comme cela. Il choisit à chaque fois le type d’exercice qu’il souhaite faire, il est motivé, je l’encourage et le soutiens, et ça se passe 10 fois mieux !

Esteban en pleine séance d'école dans un train du Sri LankaEsteban en pleine séance « d’école » dans un train sri lankais

Sur votre blog, vous avez écrit un article qui parle des « coulisses d’un tour du monde en famille », pourquoi ?
Alors disons que cet article c’était pour démystifier le voyage en famille. Nous avons conscience qu’entre les réseaux sociaux et notre blog, nous ne parlons pas souvent des « mauvais » moments, et qu’à travers ces prismes, il est bien souvent facile de croire que nous avons une vie « parfaite »… Après tout, c’est vrai que nous ne pensons pas à nous prendre en photo au beau milieu d’une dispute ! 😉
Cet article était donc en quelque sorte une façon de contrebalancer cette tendance, et de montrer un autre aspect du voyage. Le voyage c’est n’est pas un produit miracle : il y’a des hauts et des bas ! Et d’ailleurs, les deux font partie d’un tout, qu’il faut accepter dans sa globalité. Dans le même genre j’ai écrit « La journée parfaite d’une famille en voyage » ; même état d’esprit et toujours la même ironie ! J’ai pensé à cet article pendant que nous avions commencé une super journée avec Fred, qui a viré au cauchemar après que l’on se soit pris la tête et que les enfants aient été odieux !

Dans un train en IndeVoyage en 3ème classe dans un train indien

Vos enfants manifestent-ils, depuis que vous êtes en voyage, l’envie de rentrer « chez eux » ?
Pour Ruben, pas du tout ! « Chez lui », c’est là où il y a son grand frère et ses parents ! Mais il a envie de revoir ses grands-parents et parle aussi de certains copains qu’il s’est fait en chemin. Pour Esteban, c’est plus complexe. Un anniversaire sans copain, c’est un peu sans saveur. Aller voir des enfants inconnus qui ne parlent pas sa langue a été un peu difficile pour lui au début. Mais aujourd’hui, nos 2 enfants vont très (trop ?!) facilement vers les autres, adultes ou enfants (et encore plus s’ils parlent français !). Mais ces courtes amitiés sont intenses et il est difficile là aussi de dire au revoir… Les copains d’Esteban lui manquent, surtout si on lui en parle. Si on ne lui en parle pas, ses journées sont chargées de découvertes et on le sait, globalement, un enfant vit l’instant présent. Son « chez lui » lui manque parfois quand il évoque sa chambre, son village, son école… Mais ce manque n’a jamais duré et il nous pose aujourd’hui pas mal de questions sur notre  retour en France qui se fera dans un nouveau « chez nous ».

Que pensez-vous que ce voyage vous apportera ?
On pense que ce voyage a beaucoup apporté à chacun d’entre nous, et aussi à notre famille en tant qu’ « ensemble ». Ça a apporté beaucoup à notre couple également ! Nous connaissons bien mieux nos 2 garçons, nous les avons vus grandir tous les jours pendant cette dernière année. Nous cernons mieux leurs caractères ; ils se disputent parfois mais ils sont aussi et surtout super copains. C’est génial de voir leur complicité se développer ! Grâce à ce voyage, nos loulous sont plus ouverts aux gens, ils sont beaucoup plus entreprenants. Ils ont aussi développé leurs aptitudes sportives et leur capacité d’adaptation. De façon plus générale, on espère que ce voyage leur aura montré la diversité de notre planète : les paysages, les animaux, les Hommes. Que la différence est une richesse et la curiosité une fabuleuse qualité ! Peu nous importe s’ils veulent voyager plus tard, on souhaite juste qu’ils réalisent à quel point chacun doit chercher son bonheur et profiter de la vie.

Moulins à prière en IndeDécouverte des moulins à prière en Inde

Côté couple, on doit gérer de la logistique au quotidien, et c’est intense ! On sait comment faire fonctionner tout ça, comment gérer le caractère de l’autre, comment utiliser nos complémentarités. Mais après tout, il me semble que c’est pareil dans la vie hors voyage ! 😉 Là, nous avons simplement découvert une nouvelle logistique et il a fallu s’y adapter : recherche d’hébergement, trouver un endroit pour manger, se renseigner pour les bus, faire les valises, autant de tâches quotidiennes (ou presque) que nous avons appris à gérer. Nous avons aussi beaucoup changé individuellement, et heureusement, nous avons les mêmes attentes et désirs pour l’avenir ! C’est assez difficile de trouver les bons mots pour expliquer ce genre de changements. On ne veut pas passer pour des donneurs de leçons car au contraire, au fil du voyage, on a bien vu qu’il existe autant de façon de vivre que de personnes. Mais pour tenter d’expliquer un peu nos ressentis, nous avons été profondément marqués par le manque de sens de certains mots qui appartiennent pourtant à notre quotidien : la richesse, le bonheur… C’est quoi finalement ?! Pour beaucoup de gens dans le monde, c’est la santé, l’accès à l’eau, un toit, et de l’argent pour nourrir ses proches. Alors l’écrire c’est une chose, mais partager leur quotidien, ne serait-ce qu’un bref instant et de vivre des expériences aussi fortes tout au long du voyage, ça remet notre monde capitaliste et matérialiste dans une perspective bien différente de celle que nous avions au départ de notre aventure…! Nous imaginions bien un tel changement. Après tout, il faut être honnête, on ne voyage pas aussi longtemps sans croire que l’on va rentrer « indemnes ». Mais de le vivre, c’est une autre histoire. Histoire qui est très subjective et personnelle. La nôtre, d’histoire, comme toutes les autres, ne peut se résumer en quelques lignes mais disons brièvement que le voyage nous aura permis de définir ce qui compte vraiment à nos yeux. Réussir notre vie selon nos propres critères : être heureux avec moins tout en réalisant que ce moins est déjà 10 fois plus important que ce que possède la grande majorité des habitants de notre planète ; découvrir et respecter le monde qui nous entoure, dans ce qu’il a de plus beau et de plus banal, profiter des siens tant qu’on le peut, savoir trouver le bonheur dans la simplicité. Vous connaissez sans doute des proverbes ou des phrases un peu choc que l’on trouve parfois bêtes ou au contraire bouleversantes. Il y en a une qui décrit bien notre état d’esprit : « Nous avons deux vies. La seconde commence lorsque l’on réalise que nous n’en avons qu’une seule. »

Alice et ses garçons au musée de Jaisalmer, en IndeVisite du musée de Jaisalmer en famille, en Inde

Vous rentrez en France en juillet, appréhendez-vous ce retour ?
Ça serait mentir que de dire que l’on n’appréhende pas ce retour ! La France a été abimée en notre absence et même si cela nous a évidemment touchés, nous l’avons vécu « de loin ». Et puis, comme je l’évoquais plus haut, je pense que de voir des gens si pauvres être si heureux, partager le peu qu’ils ont, garder le sourire, croire en la beauté du monde… ça donne une perspective assez différente à ce qui comptait avant pour nous. Les richesses matérielles nous intéressent peu à présent. Alors oui, on redoute forcément un peu cette partie du retour, ce décalage que l’on risque de ressentir ! Mais retrouver la famille, les amis, repartir de zéro dans une nouvelle région, ça nous motive beaucoup ! À ce stade du voyage, nous envisageons le retour comme une fatalité contre laquelle il ne faut pas lutter mais qu’il faut au contraire accepter. Nous allons retrouver des gens chers à nos coeurs et ça n’a pas de prix. Nous allons pouvoir visiter notre pays qui n’a rien à envier à bien d’autres dans le monde. Nous avions décidé de tout quitter ? Et bien c’est une page blanche qui nous attend, et c’est à nous de l’écrire. Alors même s’il est évident que le vide fait peur, on a appris qu’il fallait regarder nos craintes en face. Plein de beaux projets nous attendent, ce voyage n’était qu’une étape !

Pour suivre les aventures d’Alice, Fred, et de leurs « Petits Voyageurs », rendez-vous :
– sur leur blog : www.lespetitsvoyageurs.fr
– sur leur page Facebook : www.facebook.com/lespetitsvoyageurs2015
– sur leur compte Twitter : https://twitter.com/LPtitsVoyageurs

Written by Anne

Voyageuse, amoureuse des mots, de l'image et des autres humains en général, Anne a rejoint l'équipe Zip World après avoir pris le temps de voyager autour du monde en 2013 à la rencontre des Français de l'étranger, dont elle livre les portraits sur son blog personnel : www.allervoirailleurssijysuis.fr

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