Interview voyageurs : La réadaptation de Maerema, 11 ans et demi, et de Balthazar, 7 an et demi, après leur tour du monde en famille

Interview voyageurs : La réadaptation de Maerema, 11 ans et demi, et de Balthazar, 7 an et demi, après leur tour du monde en famille

Maerema et Balthazar sont de tout jeunes voyageurs. À 11 ans et demi et 7 ans et demi, ils ont fait le tour du monde avec leurs parents, Patrice et Béatrice. Avec Zip World, ils se sont envolés tous les 4 pour l’itinéraire suivant : Lyon – Buenos Aires // Santiago – Île de Pâques – Auckland // Christchurch – Nouméa – Brisbane // Darwin – Kuala Lumpur – Hanoï  // Moscou – Lyon. Ils ont ainsi visité l’Amérique du Sud, de l’Argentine à l’Île de Pâques, l’Océanie et un bout du Pacifique de la Nouvelle-Calédonie au Vanuatu, mais également l’Asie du Sud-Est, la Mongolie, la Chine et la Russie.

 Patrice, Béatrice et leurs enfants devant le grand Bouddha de Leishan, Chine Maerema sur la plage de Kanumera, sur l'Île des Pins, en Nouvelle-Calédonie
Patrice, Béatrice et leurs enfants devant le grand Bouddha de Leishan en Chine (à gauche)
et Maerema sur une plage de Nouvelle-Calédonie (à droite)

Lorsque l’on part aussi longtemps avec des enfants, la scolarité tient une place très importante dans le voyage, comme nous l’avions vu dans de précédentes interviews de voyageurs : celle de Cécile et Jean-Luc avec leurs 3 enfants en bas âge, ou bien celle de Clément Quillet, 7 ans, avec ses parents, ou encore celle de « La Grande Escapade », l’histoire d’un couple parti avec leur fille adolescente de 15 ans.
La question que beaucoup se posent lors d’un voyage avec des enfants, c’est le retour à la vie « normale », le retour à l’école, l’impact de cette année autour du monde sur le niveau scolaire, et la capacité des enfants à retrouver un quotidien plus classique.
Patrice et Béatrice nous racontent donc leur retour à la fin de l’été 2015, et la réadaptation de leurs 2 enfants dans la vie qu’ils avaient laissée en France 1 an plus tôt…

Balthazar sur une plage de Nouvelle-ZélandeBalthazar sur une plage de Nouvelle-Zélande

Bonjour à toute la famille ! Pourriez-vous nous dire qui êtes-vous…?
Patrice presque 47 ans, originaire du Beaujolais mais Lyonnais d’adoption depuis 22 ans. Archiviste à l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, à Lyon. Passionné de basket (ancien dirigeant d’un club pendant plus de 20 ans).
Béatrice 43 ans, née à Marseille mais Lyonnaise d’adoption depuis 40 ans (!), journaliste à France 3. Passionnée d’aviation (pilote des monomoteurs type DR400 et Robin).
Maerema 11 ans ½, élève de 6ème, passionnée de cirque, escalade. Joue du cor d’harmonie au Conservatoire de Lyon (il a fait le voyage !).
Balthazar 7 an ½, élève de CE1. Né dans la baignoire à pieds d’aigle de la chambre parentale. Fait du tir à l’arc depuis l’âge de 5 ans ½.

Maerema joue du cor d'harmonie face au Machu Picchu, Pérou Maerema joue du cor d'harmonie sur la Grande Muraille de Chine
Maerema et son cor d’harmonie face au Machu Picchu, Pérou (à gauche)
et sur la Grande Muraille de Chine (à droite)

Après 1 an passé sur les routes du monde en famille, vous êtes rentrés tout juste pour la rentrée scolaire 2015. Comment s’est-elle passée pour vos enfants ?
Quand nous sommes partis (fin septembre 2014), Maerema et Balthazar avaient fait un mois d’école chacun, en CM2 et au CP. Tout le reste de leur année scolaire s’est donc déroulé avec nous.
Maerema a intégré la 6ème en rentrant de voyage, et elle fait du russe en LV1 ! La dure période d’adaptation à la 6ème a du coup englobé la difficile réadaptation… Un mal pour un bien 😉
Pour Balthazar, la reprise a été plus dure. Après plus de 3 semaines à râler (voire plus) pour ne pas aller à l’école, où il nous disait s’ennuyer, nous l’avons changé d’école pour le mettre dans une école privée bilingue où il a cours en anglais toute la matinée et en français l’après-midi. Du coup ça le sollicite beaucoup plus, et ça lui permet en plus de garder un contact avec les langues étrangères (c’était aussi le but).

Les enfants avaient-ils hâte de retourner à l’école à la fin du voyage ?
Maerema oui ! Balthazar…. c’est plus compliqué. Il avait hâte au départ, mais il s’est vite rendu compte qu’un décalage s’était instauré entre lui et l’école.

Balthazar et sa famille sur le Salar de Uyuni, BolivieBalthazar et sa famille sur le Salar de Uyuni, Bolivie

Comment, d’un point de vue scolaire, s’est passée cette année autour du monde pour eux ?
Maerema préfère l’école à l’école plutôt que l’école par correspondance, « c’est plus facile ». Elle trouve par ailleurs qu’on en faisait trop et que ça allait trop vite. Et que le niveau des cours n’était pas le même (nous avons pris des cours par correspondance dans une école privée), qu’il était supérieur à ce qu’elle faisait auparavant dans son école (Note des parents en off : nous avons constaté et effectivement dû rattraper toutes les lacunes de l’école publique…).
Balthazar, semble-t-il, n’a pas mal vécu cette année d’école buissonnière. Le fait d’être en tête à tête, en prise directe avec « l’instit' », lui allait bien et lui permettait d’aller vite quand il trouvait les cours faciles, et de ralentir en cas de difficultés (ce qui est moins donné avec une classe de 25-30 élèves !).
Dans l’ensemble les deux râlaient avant de faire l’école, faisaient parfois preuve de beaucoup de mauvaise volonté (bâillements à répétition, inattention, voire impertinence), mais une fois lancés ils avançaient à un bon rythme. Quand bien même voir ses parents devenir d’un coup enseignants n’est pas évident !

Les enfants étudient (Cusco, Pérou)Les enfants étudient dans leur auberge de Cusco, Pérou

…Et comment s’est-elle passée pour les parents ?
Mal. Très mal. Nous n’étions pas vraiment d’accord sur le tempo à donner. Je pensais plus axer notre voyage autour du rythme scolaire alors que Béatrice était plus partisane d’une adaptation du rythme scolaire à notre voyage, en fonction des visites. Du coup j’ai été le « grand méchant papa » qui n’a fait que parler école, et plus j’en parlais, moins Béatrice en parlait, et moins elle en parlait, plus j’en parlais. 🙂
Les seules périodes de non tension entre nous deux l’ont été quand nous nous octroyions des vacances… scolaires. 🙂

D’après vous, qu’est-ce que cette année autour du monde leur a apporté ?
Une ouverture d’esprit, qu’ils avaient néanmoins déjà car on a beaucoup voyagé avec eux. Une indépendance accrue (ils étaient déjà très indépendants) : leur grand plaisir était d’aller faire les petites courses dans les magasins de quartier, aussi bien en Amérique latine qu’en Chine, quelle que soit la barrière de la langue. Une adaptation aux conditions parfois difficiles de transport, de logement, de nourriture.

Maerema travaille avec Patrice dans le Transsibérien, entre la Chine et la MongolieMaerema travaille avec Patrice dans le Transsibérien, entre la Chine et la Mongolie

Vous dîtes que vous aviez déjà beaucoup voyagé avec les enfants avant le tour du monde…?
Oui. Béatrice et moi avons beaucoup baroudé en Afrique avant d’avoir les petits. Avec Maerema nous sommes allés en Grèce, aux Pays-Bas, au Togo, en Inde (Balthazar in utero) ; puis avec les 2 enfants nous avons fait un mois en Inde (février 2010, Balthazar avait 23 mois) et un mois au Cambodge et Thaïlande (2012).

Quels sont leurs meilleurs et leurs plus mauvais souvenirs ?
Cri du cœur de Maerema (à côté de moi au moment où j’écris) : la nourriture ! Il faut dire qu’elle est très difficile. A sa décharge, en Mongolie, tout a le goût de mouton, même le bœuf, et nous ne sommes pas de grands mangeurs de viande. Donc elle garde un assez mauvais souvenir de tout le voyage de ce côté-là. Dur en effet de trouver brocolis, épinards et simple purée. Elle se rappelle notamment les soupes boliviennes à base de riz, pâtes et patates !
Pour ce qui est de son meilleur souvenir, c’est surtout celui des plages. Elle parle de l’île des Pins, de l’île de Pâques (et notamment la plage d’Ovahe, que elle et Balthazar ont adorée). Balthazar a eu les yeux qui brillaient quand on a vu la Grande Muraille. Et pour son pire souvenir, c’est vite vu : il disait à qui voulait l’entendre qu’il avait vomi 16 fois en Amérique du Sud (mal d’altitude + mal des transports). En tout je crois qu’il a fini à 17 vomis, et il en était fier ! (il a fini premier :)).

Maerema et Balthazar se baignent dans le Lac Mckenzie à Fraser Island, Australie Les enfants découvrent leur cabane dans le banian sur Tanna, Vanuatu
Maerema et Balthazar se baignent dans le Lac Mckenzie à Fraser Island, Australie (à gauche)
et découvrent « leur » cabane dans le banian sur Tanna, Vanuatu (à droite)

Se sont-ils facilement réadaptés à la vie et aux codes français ?
Oui sans problème. Ce n’est pas comme si nous avions vécu plusieurs années dans un même pays étranger. Là, en itinérance, les codes changeaient tout le temps, et nous étions quand même tous les 4 ensemble.

Si c’était à refaire, que changeriez-vous ?
Bonne question ! On se débrouillerait pour avoir une même approche de ce type d’aventure. Pour être sur la même longueur d’onde avant de partir. Il faut l’être, sinon c’est tension assurée ! Il y a suffisamment de points à régler pendant le voyage pour trouver des points de désaccord, alors si en plus vous n’êtes pas sur la même longueur d’onde…

Balthazar travaille avec son père, dans le Transsibérien entre la Mongolie et la RussieBalthazar travaille avec Patrice, dans le Transsibérien entre la Mongolie et la Russie

De votre côté, en tant que parents, que retenez-vous de cette aventure ?
En tant que parents… le plaisir de faire l’école ! De voir les progrès arriver. De passer du temps avec mes enfants, comme jamais on ne le fait dans une vie « normale ».
Ça permet aussi de relativiser encore plus sur certaines choses. Les vêtements par exemple. Avant on en avait beaucoup trop je pense. Maintenant on n’a pas peur de tourner « juste », avec le strict minimum ; après tout on avait 3 fois rien pendant un an 🙂

Envisagez-vous de repartir pour un autre voyage de ce type un jour ?
De ce type, je ne pense pas. Mais d’ores et déjà on regarde pour partir les deux mois d’été. Prochain projet (2017 ou 2018 au plus tard) : 2 mois en Russie et Mongolie, pour refaire (en plus long) ce que l’on a touché du doigt sur la fin de notre voyage.

Maerema et Balthazar à Listvianka, RussieMaerema et Balthazar à Listvianka, Russie

Quels seraient vos conseils pour les familles qui n’osent pas se lancer ?
Alors pour la scolarité, c’est sûr que ça dépend du niveau de la classe à faire. Perso, nous ne nous sentions pas pour faire une année de 6ème ou 5ème, c’est pourquoi nous sommes partis quand Maerema était en CM2. Mais ça se fait vraiment facilement, et il faut savoir que les enfants reviennent avec un niveau supérieur : ils n’ont QUE des cours particuliers, et ce que leur apporte le reste du voyage est incommensurable. Mais vraiment il ne faut pas avoir peur de ça, c’est loin d’être le plus dur ! 🙂

Pour découvrir les aventures de Patrice, Béatrice et leurs enfants, rendez-vous sur le blog : http://beapatmabalt.wordpress.com

Written by Anne

Voyageuse, amoureuse des mots, de l'image et des autres humains en général, Anne a rejoint l'équipe Zip World après avoir pris le temps de voyager autour du monde en 2013 à la rencontre des Français de l'étranger, dont elle livre les portraits sur son blog personnel : www.allervoirailleurssijysuis.fr

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