Interview voyageurs : Charlotte, Antoine et leur tour du monde solidaire

Interview voyageurs : Charlotte, Antoine et leur tour du monde solidaire

Charlotte et Antoine ont décidé de partir en tour du monde « un peu sur un coup de tête », peut-être même « avec un coup dans l’nez », disent-ils eux-mêmes. Cap ou pas cap de faire le tour du monde, se sont-ils demandés ? La réponse fut cap, et ils viennent tout juste de rentrer de leurs 9 mois autour du globe. Mais ils voulaient donner un sens à ce tour du monde, placer « l’Autre » au centre de leur projet, ne pas juste voyager. Ils sont alors partis, caméra à la main et sac au dos pour aller rencontrer ceux qui avaient besoin que l’on raconte leur histoire.
Leur itinéraire Zip World fut le suivant : Paris – Pékin // Hanoi – Hong Kong – Buenos Aires // Santiago – Ile de Pâques – Lima – Miami – Paris. Ils ont ainsi traversé la Chine, le Népal, l’Inde, la Birmanie, la Thaïlande, le Cambodge, le Vietnam, l’Uruguay, l’Argentine, le Brésil, la Bolivie, le Chili, le Pérou, et les USA avec une escale à Miami.

Salut ! Pouvez-vous nous dire qui vous étiez avant de partir en voyage ? 

Nous avons tous les deux grandi en région parisienne. Antoine a fait des études de journalisme et Charlotte de communication. Le soir de notre premier rendez-vous, on a réalisé qu’on partageait le même rêve un peu fou : partir faire le tour du monde. 6 mois plus tard, nos diplômes en poche, nous étions dans l’avion, direction Pékin !
On a certaines passions en commun : le voyage bien sûr et tout ce qui va avec : les rencontres, l’exotisme, le dépassement de soi, etc. Mais aussi la photo, la littérature et… est-ce que ça fait trop intello si on vous dit…l’histoire ?! Heureusement, on diverge encore sur quelques points : certaines expériences culinaires (mygale, scorpion, ver à soie, etc.) d’Antoine ont tendance à légèrement répugner Charlotte, tandis que l’émerveillement de celle-ci devant certains animaux laisse Antoine de marbre !

Antoine et sa brochette de scorpions Charlotte et les pingouins

Pouvez-vous nous présenter le projet que vous avez mené durant vos 9 mois autour du monde ?

Nous avons dédié notre voyage aux enfants malades de La Chaîne de l’Espoir, une association française formidable qui soigne des milliers d’enfants partout dans le monde. Nous nous sommes promis de ramener à leurs petits malades des messages d’encouragement et de bon rétablissement des quatre coins de la planète.
Dans chaque pays que nous visitions, nous rendions donc visite à une association en rapport avec l’enfance. Nous leur proposions de faire un petit reportage sur leur action, qu’elles peuvent par la suite utiliser sur leurs sites internet ou leurs réseaux sociaux. Et en échange, nous demandions à leurs enfants de participer à notre grande chaîne de solidarité, en dessinant pour La Chaîne de l’Espoir.

Pourquoi avoir choisi de faire un « voyage humanitaire » ?

Tout simplement, parce qu’on ne se sentait pas de partir voyager pour aussi longtemps sans objectifs. Et tant qu’à faire, autant se rendre utile ! C’était également pour nous l’occasion de continuer à nous former en tenant un blog sur lequel on pourrait partager nos productions.
On se félicite tous les jours d’avoir fait le choix d’un voyage solidaire. Quand on y réfléchit, nos plus beaux souvenirs de voyage sont dans les associations. Ce fut à chaque fois l’occasion de rencontres et de moments de partage formidables. Sans compter qu’on a visité qu’une seule association par pays, ce qui nous a laissé encore le temps de voyager à notre guise. Mais dès que l’espace se faisait trop grand entre deux rencontres avec les associations, on commençait à tourner en rond.

Comment avez-vous organisé votre voyage par rapport aux associations que vous avez visité ? 

Avant le départ, nous avions convenu avec La Chaîne de l’Espoir de nous rendre dans leurs antennes de l’Inde, de la Thaïlande et du Cambodge. Mais nous avions également pris contact avec pratiquement toutes les autres associations que nous sommes allés visiter en Asie (première partie de notre voyage).
D’une manière générale, c’est le bouche-à-oreille qui nous a été le plus utile. Dès qu’on commençait à parler de notre projet, des dizaines de recommandations se mettaient à pleuvoir concernant telle ou telle organisation qu’il fallait absolument qu’on aille visiter. En fait, on ne l’imaginait pas, mais beaucoup de personnes soutiennent, d’une manière ou d’une autre, des actions internationales, et encore plus lorsqu’elles sont liées à l’enfance. Sinon, le site de l’ambassade de France dans chaque pays recense les associations actives sur le territoire. Enfin, on a parfois aussi eu la surprise d’être contactés avant même de commencer les recherches.

Charlotte et les enfants de l'association Pour un Sourire d'Enfant, au CambodgeCharlotte et les enfants de l’association Pour un Sourire d’Enfant, au Cambodge

Quel accueil receviez-vous sur place lorsque vous alliez rencontrer ces associations ? Qu’attendaient-elles de vous ?

On s’en étonnait à chaque fois : nous étions toujours accueillis avec un incroyable enthousiasme ! Finalement, la plupart des associations ont rarement de la visite et encore moins de la part d’étrangers. Notre passage était toujours un moment de réjouissance… pour elles mais aussi pour nous ! Car en dehors des moments de tournage, nous passions toujours beaucoup de temps avec les enfants.
En ce qui concerne les attentes, cela dépendait de la nature des associations, mais surtout de leur degré d’organisation. Certaines institutions étaient de véritables petites entreprises, établies dans des dizaines de pays. Dans ces cas là, nous étions en contact avec la direction de la communication – depuis l’international – qui a souvent une idée de l’angle qu’elle veut donner au reportage. Pour les plus petites structures, c’était un peu différent. Elles attendaient plus que nous les guidions et leur expliquions ce que NOUS nous attendions d’elles.

Quels sont vos plus beaux souvenirs/vos plus belles rencontres jusqu’à présent ?

Chacun de nos passages a été différent et tous ont été incroyablement enrichissants à leur manière. Mais il faut quand même citer trois souvenirs qui restent particulièrement chers à nos cœurs.
D’abord, au tout début de notre voyage, nous avons passé une semaine dans une maison d’accueil à Katmandou, au Népal. Etonnamment, pour un pays si petit et si modeste, tous les enfants parlaient anglais, y compris les plus petits. Ça a grandement facilité l’échange et il n’a pas fallu quelques heures pour que nous devenions tous les meilleurs amis du monde. Le dernier jour, on a fêté tous ensemble notre départ, en organisant une soirée improvisée sur le toit de leur maison. Sans doute une des meilleures soirées de notre vie ! On en parle dans cet article.
Depuis, on est resté en contact et on se donne des nouvelles au moins une fois par semaine. On a d’ailleurs eu très peur quand on a appris la terrible nouvelle du séisme au Népal. Mais, miraculeusement, ils n’ont pas été touchés – ouf !

Charlotte et les enfants népalais en tenue traditionnelleCharlotte et les enfants népalais en tenue traditionnelle

Ensuite, en Bolivie, nous avons passé quatre jours dans un orphelinat perdu en plein milieu de la campagne de Santa Cruz. Le troisième jour était celui de la fête des Pères. Mais comment fait-on pour fêter les papas quand on est orphelin ? On adopte Antoine et on le couvre de cadeaux ! C’est sans doute ce jour là qu’on a compris toute la véracité de ce fameux adage : il est parfois plus terrible de n’avoir personne à aimer, plutôt que de ne pas être aimé…
Enfin, autre rencontre notable : celle d’Assis, un prêtre rasta complètement hors norme qui nous a fait visiter les favelas de São Paulo pendant trois jours et nous a permis de comprendre les codes si particuliers de cette communauté.

Antoine, élu Papa d'un jour par les orphelins boliviens lors de la Fête des PèresAntoine, élu Papa d’un jour par les orphelins boliviens lors de la Fête des Pères

Qu’attendez-vous de votre projet ? 

Notre but premier est de faire connaître le travail des associations que nous avons rencontrées cette année, et si possible de leur ramener de nouveaux donateurs. Avec une Fondation française, on réfléchit également à la possibilité de construire une nouvelle maison d’accueil, plus grande et plus salubre, pour les enfants du Népal.
Ensuite, si on pouvait encourager de futurs aventuriers à faire le choix d’un voyage solidaire (et pourquoi pas de passer par les mêmes associations que les nôtres), on trouverait ça assez chouette !

Vos vidéos sont très bien réalisées, est-ce qu’Antoine travaillait déjà dans l’audiovisuel avant le voyage ?

Oui ! Il a une formation de JRI (Journaliste Reporter d’Images) et a travaillé deux ans en alternance pour la société de production Ligne de Front, à Paris.

Quel matériel vidéo avez-vous emmené ? N’avez-vous pas voyagé trop lourd ?

On est parti avec un ordinateur chacun, un appareil photo Reflex (5D Mark III), trois objectifs, deux micros-cravates, un ZoomH4n, un trépied et quantité de cartes mémoires, batteries et disques durs pour stocker tous nos rushs et nos photos. On ne va pas vous dire le contraire : c’est sûr que ça prend un peu de place (et qu’en conséquence, on a dû renoncer à emmener plus de 3 t-shirts chacun), mais on s’y est fait !

Antoine et son matériel vidéoAntoine et son matériel vidéo (!)

Si c’était à refaire, que referiez-vous, que changeriez-vous ?

On repartirait ensemble déjà, ce qui est plutôt bon signe ! Ensuite, on concentrerait sans doute encore plus notre voyage sur le côté associatif, en choisissant peut-être un axe plus précis (l’éducation par exemple). Et puis, on modifierait un peu notre itinéraire : on commencerait par la Russie, dont on prendrait le Transmongolien pour arriver à Oulan-Bator, on passerait plus de temps en Chine (un mois, c’était trop court) et on ferait une croix sur les destinations trop chères comme l’Argentine.

Que conseilleriez-vous à des voyageurs ayant envie de faire de l’humanitaire ? Où est le besoin aujourd’hui d’après vous ?

De se lancer sans hésiter ! À mon sens, les rencontres que permet un voyage solidaire valent tous les plus beaux paysages du monde. Je crois aussi qu’il faut avoir en tête qu’on peut aider, à son échelle, à tout moment. Il peut s’agir de ramasser des déchets sur une plage polluée au Vietnam ou d’inclure quelques semaines de bénévolat dans une association à un moment dans son parcours. On peut avoir une démarche solidaire sans pour autant dédier la totalité de son voyage à l’humanitaire. Les besoins sont grands et variés, mais les bonnes volontés aussi !

Charlotte et les enfants birmansCharlotte et les enfants birmans

Vous êtes maintenant rentrés en France. Comment envisagez-vous « la suite » ?

On a décidé de se laisser un mois pour atterrir mais surtout pour finir nos productions sur le blog. Antoine compte notamment faire un mini-film résumant tous nos passages dans les associations, et Charlotte a pas mal d’idées d’articles pour boucler notre aventure. L’idée ensuite, est de chercher du boulot. Et a priori tous les deux dans le domaine du journalisme. Le travail sur le blog cette année nous a montré que c’était vraiment le domaine qui nous intéressait et nous plaisait le plus. Sinon, on a aussi une idée de documentaire, qu’on aimerait lancer dès le mois de septembre prochain.
Enfin, on ne vous cache pas que ce tour du monde nous a ouvert l’appétit : on a des dizaines de nouvelles destinations inscrites sur notre bucket list ! On va donc essayer de mettre un peu d’argent de côté pour pouvoir repartir bientôt. Et on peut déjà vous annoncer, qu’après presque neuf mois sous le soleil d’Asie puis d’Amérique Latine, on rêve d’aller à la découverte de contrées plus froides. Le Groenland ? L’Antarctique ? La Laponie ? On dit oui !

Autre chose à ajouter ? 

Oui : cette année, on a pu mettre les pieds dans des endroits qu’on n’aurait jamais imaginé visiter car trop petits ou trop isolés pour en faire des destinations à part entière. Entre autre, l’île de Pâques et Hong-Kong. Et ça, c’est évidemment grâce aux offres de Zip World. Alors, on n’a qu’un seul mot à dire : MERCI !

Charlotte et Antoine sur l'Île de Pâques, ChiliCharlotte et Antoine sur l’Île de Pâques, Chili

Découvrez plus en détails les aventures vécues par Charlotte et Antoine sur leur blog et leurs réseaux sociaux :
Blog : http://leverderideau.voyage
Page Facebook : https://www.facebook.com/leverderideau.voyage?ref=hl
Page YouTube : https://www.youtube.com/channel/UCT1vtBrdV2S56QRvvw-tEzA

Written by Anne

Voyageuse, amoureuse des mots, de l'image et des autres humains en général, Anne a rejoint l'équipe Zip World après avoir pris le temps de voyager autour du monde en 2013 à la rencontre des Français de l'étranger, dont elle livre les portraits sur son blog personnel : www.allervoirailleurssijysuis.fr

2 Commentaires

  1. FIKI

    Coucou Charlotte et Antoine !
    Bravo pour ce voyage…
    Je pense également à un voyage solidaire… Avez-vous des pistes ou idées d’autres assos à contacter comme vous l’avez fait avec La Chaîne de l’Espoir? »

    A bientôt
    Sarah

    1. Anne

      Bonjour Sarah ! Pas sûre que Charlotte et Antoine pensent à venir voir les commentaires sous cet article, mais ils peuvent être joints directement via leur blog ou leur page Facebook dont les liens sont précisés en bas d’article ! 🙂

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