Interview voyageuse : Le départ en solo d’Inès et ses premières impressions autour du monde

Interview voyageuse : Le départ en solo d’Inès et ses premières impressions autour du monde

Inès en a rêvé longtemps, mais ça y est ! Elle l’a fait ! Elle s’est embarquée pour un tour du monde en solitaire qui la mènera du Népal à l’Argentine, en passant par l’Asie du Sud-Est, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la Patagonie. Après plusieurs années actives et riches d’expériences professionnelles, elle a ressenti le besoin de faire un break et de vivre juste pour elle, et pour ses passions. Tout récemment partie, elle revient dans cette interview sur ses préparatifs, les quelques jours ou heures qui ont précédé son départ, et sur ses premières impressions au Népal, premier pays de ses 7 mois autour du monde. Attention, il y a dans cet article un melting pot d’émotions !

L’itinéraire Zip World d’Inès est le suivant : Paris – Katmandou – Bangkok // Tokyo – Auckland – Santiago // Buenos Aires – Paris.


Bonjour Inès ! Peux-tu te présenter à nos lecteurs ? 

Je m’appelle Inès, j’ai 33 ans et j’ai grandi dans une toute petite ville normande, cernée par les champs, les bottes de foin et les vaches qui vont avec. Mon profil est assez standard ; avant, je rentrais parfaitement dans le moule ! J’ai terminé mon école de commerce et eu la chance de passer une année dans une université australienne, spécialité marketing. De retour en France, j’ai tout de suite bossé. J’ai toujours bossé en fait, même en étant étudiante. Un jour, une belle opportunité s’est présentée à moi, dans une grosse multinationale, et je suis partie vivre à Milan. Je devais rester 2 ans seulement, au final ça va bientôt en faire 10 ! Je travaille dans un secteur très particulier, celui des jeux de hasard et d’argent. J’ai un joli poste, je suis autonome et j’ai des responsabilités. Le fait de vivre à Milan a aussi de gros avantages : de la bonne bouffe, du soleil, des montagnes et des lacs à gogo tout proches, bref un cadre merveilleux !

Toute cette nature italienne a dû te donner l’envie d’aller explorer encore un peu plus loin…
Sans doute ! Passionnée de randonnée, j’ai un peu vadrouillé en Italie, mais je n’ai jamais pris le temps de trekker pendant plusieurs jours. Ce voyage me le permettrait, c’était une certitude ! Une autre passion, qui aura aussi inspiré mon voyage, c’est le karaté ; je le pratique depuis des années, et l’idée de pouvoir m’entrainer lors de mon voyage m’excitait beaucoup. Comme tous les voyageurs qui me liront, je suis très curieuse et j’ai aussi eu l’envie d’explorer de nouvelles activités et de nouvelles cultures, comme faire une retraite de yoga dans un monastère bouddhiste…

Le départ en tour du monde en solo d'Inès : rencontre au NépalRencontre népalaise

Qu’est-ce qui t’a décidé à partir en voyage ?
J’ai toujours admiré les grands explorateurs, les reporters, les aventuriers. Durant l’adolescence, bloquée dans ma campagne natale, j’ai eu des envies d’évasion et d’aventures. Attention, je ne parle pas de vacances, de resorts, de cocktails et d’Instagram (bien que je l’utilise)… Mais d’exploration romantique, de contrées lointaines. Je peux passer des heures à étudier une carte et à rêver devant un atlas, qui selon une personne qui m’est chère, reste le livre le plus passionnant au monde ! Ensuite il y a des moments dans la vie ou il faut savoir prendre son courage à deux mains et foncer. En ce qui me concerne, c’était maintenant ou jamais. Je me suis décidée, c’est tout. C’est le plus beau cadeau que l’on puisse s’offrir. Et comme j’en avais marre de bosser je me suis dit qu’un break, ce n’était pas volé !

Étais-tu déjà, avant de prévoir ce tour du monde, une grande voyageuse ? 
On ne peut pas dire que j’étais une grande voyageuse. J’ai vadrouillé en Europe pour les vacances et pour des week-ends entre amis, j’ai étudié un an en Australie et passé quelques semaines au Kenya pour un projet humanitaire. L’année dernière, avec des amis, j’ai également fait un voyage très inspirant ; un road trip en Géorgie et en Arménie ! Ça a été le déclic…! Tellement riche en émotions, en choses folles et hallucinantes. Nous étions libres d’improviser et de se faire porter. Qu’est ce que c’est beau d’être libre quand on voyage !

Le départ en tour du monde en solo d'Inès : trek au Népal

Comment as-tu préparé ton voyage ?
Une organisation militaire ! J’ai passé des heures sur mon budget (déformation professionnelle oblige) car l’argent, c’est le nerf de la guerre ! J’ai été obsédée par le contenu de mon sac à dos. J’y ai pensé pendant un an et demi, et la veille de partir j’avais encore des doutes ! Maintenant que je suis partie, je peux vous dire que j’en ai trop pris !

La préparation du voyage, c’est tellement bien ! C’est un énorme soulagement, une bouffée d’air frais dans la morosité du quotidien. On ne pense qu’à ça, on économise, on rêve, on se retrouve vite comme un petit OVNI hors contexte. Bah oui tout le monde ne prépare pas un tour du monde, donc c’est dur parfois de trouver un sujet de conversation qui ne soit pas lié à ça !

Je me suis beaucoup aidée de blogs, de forums, de groupes de voyageurs pour échanger, avoir des bons plans et créer mon itinéraire. Avant de choisir les pays dans lesquels je voulais aller, j’ai fait la liste de mes rêves les plus fous et j’ai choisi mes destinations comme ça ! D’où le Népal, la Patagonie et la Nouvelle-Zélande pour trekker, Okinawa au Japon pour m’entrainer (karaté), l’Asie du Sud-Est pour les temples bouddhistes et le yoga… D’ailleurs, en ce qui concerne mon itinéraire, je me suis laissée 3 mois de libre en Asie du Sud-Est, sans savoir dans quels pays j’irais. À l’heure où je vous écris, je suis dans l’avion pour Bangkok et je suis très contente de savoir que j’ai 3 mois devant moi avant le prochain vol ! Je n’aime pas courir, je préfère prendre mon temps et ne pas avoir un planning de visites trop chargé. Je me laisse porter par les rencontres et les expériences, et non par l’obligation de voir un site ou un monument.

Le départ en tour du monde en solo d'Inès : trek au NépalTrek dans les Annapurna

As-tu démissionné de ton emploi à Milan ?
Non, j’ai pris 9 mois sabbatiques. Ça a été long et compliqué, car à l’origine, je voulais démissionner. Ils n’ont pas voulu, puis je me suis cassé le pied à mon entrainement de karaté. Je suis donc restée dans mon emploi, j’ai du tenir bon pendant plusieurs mois et maintenir de très bonnes relations avec mon employeur, ce qui m’a permis au final d’obtenir le congé sabbatique ! Il n’est pas dit que je ne démissionne pas en cours de route, mais le fait d’avoir un plan B quand je rentre, c’est très important pour moi. Je suis sereine et je ne pense pas à ce qu’il va se passer après car quoiqu’il arrive, j’ai quelque chose sous le coude.

Et les proches ? Et le logement ? Comment as-tu « géré » cette partie-là ?
Ma famille et mes amis s’en doutaient. Tout le monde m’a encouragée ! J’ai eu droit à quelques « Tu pars seule ? Tu es certaine que ça va aller ? », mais au final toujours suivis d’un « Je n’oserais pas mais je t’envie ! ». Je le prends comme de la bienveillance, et qui sait… Peut être je donnerai de l’inspiration à certains, tout comme j’en ai reçu. En ce qui concerne le logement, j’étais avant de partir en collocation chez une très bonne amie à moi. J’ai vidé ma chambre, laissé mes affaires dans un garage et hop, l’affaire était jouée !

Le départ en tour du monde en solo d'Inès : trek au Népal

Comment te sentais-tu juste avant de partir ?
Bizarrement comme si c’était normal ! ENFIN, je partais pour ce foutu voyage ! J’en rêvais depuis tellement longtemps, que ça me semblait naturel, genre « blasée » ; « Je prends l’avion et on n’en parle plus ! », ahah ! Mon amie Sophie en revanche, elle, elle avait la boule au ventre. Sophie, c’est une amie de l’université, elle a voyagé avec Zip World il y a environ deux ans. Elle a fait un long tour du monde de 364 jours. Elle a eu un rôle très important dans mon processus de décision, on a passé des heures à parler de ses péripéties, elle m’a beaucoup donné. La veille de mon vol, elle m’a accueillie chez elle à Paris et m’a très gentiment accompagnée aux aurores à l’aéroport. C’est un peu ma marraine de voyage ! Au moment de mon départ, elle était beaucoup plus stressée que moi, ma pauvre Sophie ! Et elle a eu un gros moment de nostalgie, car il y a quelques mois, c’était elle qui partait.

…Et dans l’avion, lors de ton premier vol, tu te sentais comment ?
Blasée, toujours ! Mon vol était interminable ! J’ai fait Paris – Dubai – New Delhi – Katmandou. Je ne voulais qu’une chose : arriver enfin ! J’ai regardé plein de films et mangé tous mes plateaux repas. Aucun doute, aucune peur, j’étais heureuse, convaincue et déterminée !

Bon ! Et à ton aéroport d’arrivée, lorsque la grande aventure a enfin commencé, tu te sentais comment à ce moment-là ?
Beaucoup d’émotions à l’arrivée, et énormément de fatigue, car avec les escales je n’ai pratiquement pas dormi. Encore une fois j’étais là où je devais être, comme si c’était normal !

Le départ en tour du monde en solo d'Inès : trek au Népal

Avais-tu des craintes particulières avant le départ ? 
Oui, j’ai quand même eu des moments d’anxiété. Car quand on part seule, on ne peut compter sur personne. Quelques semaines avant de partir j’avais des montées de panique ; « et si on me vole mon passeport ? », « et si je ne peux pas retirer d’argent ? », « et si je me retrouve en grosse galère ? » et si, et si, et si… Je pense que c’est nécessaire. Le fait d’y penser fait que je suis très attentive aux situations dans lesquelles je me retrouve. Je fais très attention à mes affaires, car oui chaque objet est utile ! Bon, je dis ça mais je viens de perdre mes lunettes de soleil… et mon portable dans un bar… Heureusement le portable, je l’ai récupéré !

Après quelques semaines en voyage, que peux-tu nous dire de tes premières impressions ?
Je suis HEUREUSE. Je viens de passer un mois en solo au Népal. J’ai fait un trek de 20 jours sans guide et sans porteur autour des Annapurna. La libération. J’ai fait des rencontres inoubliables, d’ailleurs c’est eux qui ont rendu mon trek mémorable ! Je suis tombée amoureuse des paysages, des gens, de la culture. Pour vous dire, j’aimais même mon sac à dos et mon sac de couchage. Je n’avais pas besoin de plus… Si, peut-être d’un baume après-shampoing, mais sinon, de rien d’autre ! C’est incroyable comme on s’adapte aux situations ; j’ai dormi dans des endroits inimaginables et loin de tout confort, pris ma douche froide dans le noir dans des toilettes turques… Et le mieux dans tout ça, c’est qu’au final, j’étais seulement contente d’avoir un toit et un bon repas, entourée de gens bienveillants. Le reste n’avait absolument aucune importance !  Cette première étape va complètement orienter mes futures aventures. Le fait d’avoir été loin de la « civilisation » pendant des jours, au contact des locaux, dans des petits villages perdus au fin fond de l’Himalaya… leur accueil, les prières des moines bouddhistes, la méditation, la contemplation, la marche, ça a été très enrichissant, je n’ai pas de mots…

Le départ en tour du monde en solo d'Inès : trek au Népal

Trouves-tu qu’il est difficile de voyager seule ?
Je pense que c’est merveilleux de voyager seule. J’ai beaucoup travaillé sur les préparatifs de mon voyage, le budget, la logistique et tout ce qui va avec. Mais je n’ai pas étudié en détails mon itinéraire. Seulement « grosso modo » les pays que je voudrais visiter. Le fait d’être seule me permet de faire exactement ce qui me passe par la tête. Comme vous l’avez compris, je ne veux pas de planning. Tout a toujours été planifié avant de partir et je ne veux plus de ça ! À moi l’inconnu et les doutes, mais surtout place à l’aventure ! Jusqu’ici je ne me suis jamais sentie seule. Je ne m’ennuie absolument pas. J’ai été triste de voir partir des compagnons de voyage, ou de devoir partir moi-même. Mais j’ai eu le luxe de pouvoir décider de passer plus de temps avec eux, et je n’avais personne à qui demander ! Être seule, c’est avoir la possibilité de choisir avec qui passer son temps. On rencontre plus facilement du monde car la discussion s’installe toujours très rapidement. Il faut aussi faire un peu d’effort, lever la tête et sourire, et tout s’enchaine. Niveau sécurité, j’ai choisi des pays que je considère sûrs pour une femme seule. Je respecte la règle du bon sens, ensuite j’ai aussi un couteau suisse, donc tout va bien. 🙂

Le départ en tour du monde en solo d'Inès : son trek au Népal

Pour finir, as-tu des anecdotes particulières, dont tu aimerais nous faire part ?
Plutôt que de parler d’une anecdote, je parlerai d’une série d’évènements, liés à de nombreuses rencontres, des rencontres qui sont en train de construire le sens de mon voyage. Avant de partir j’ai fait un long trajet en voiture, et pour me tenir compagnie j’ai décidé de faire du covoiturage. J’ai rencontré un jeune père de famille, missionnaire, voyageur dédié à la cause et à l’importance d’aider les plus pauvres. On a passé 8 heures à parler et échanger sur ses aventures, sa famille aventurière. Entre tours du monde, missions lointaines, et festival de l’aventure dans le Jura, on n’a pas arrêté de papoter. Au final il m’a laissé de nombreux films à regarder durant mon voyage, dont un qui m’a bouleversée ; Les Pépites, l’histoire d’un couple normand qui a créé une école au Cambodge pour sauver les enfants de la dureté du travail dans une décharge. Pourquoi j’en parle ? Parce que je suis à l’aéroport de Mumbai en transfert pour Bangkok, et je viens enfin de voir le film.  Cela tombe à pic, toujours pour l’inspiration. Après ce mois au Nepal, dans mes montagnes, loin de la foule, des touristes et de la surconsommation, je me rends compte que j’ai besoin de plus que des visites. Seulement, que faire ? Je pense que tout a un sens, il faut juste savoir interpréter les évènements et les rencontres. Je vais tenter de construire le reste de mon aventure grâce à ces personnes qui ne cessent d’allumer des petites étincelles en moi ! On se cherche tous, un voyage aussi long peut avoir, outre le beau côté de la recherche de soi, un aspect très égoïste. Alors pourquoi ne pas essayer de changer les choses et de mettre son grain de sel… Pimenter un peu les vacances avec une réelle histoire humaine ?

Et c’est tout ce que l’on souhaite à Inès… 🙂

 

N.B. : Inès souhaite dédier cet article à Luc et Amelia, rencontrés au Népal, qui ont contribué à faire de son séjour dans ce pays un moment inoubliable.

Le départ en tour du monde en solo d'Inès : ici avec Luc et Amelia

 

Pour suivre Inès autour du monde :
Son blog : www.founioutravel.com
Son compte Instagram : www.instagram.com/ineslericque

Written by Anne

Voyageuse, amoureuse des mots, de l'image et des autres humains en général, Anne a rejoint l'équipe Zip World après avoir pris le temps de voyager autour du monde en 2013 à la rencontre des Français de l'étranger, dont elle livre les portraits sur son blog personnel : www.allervoirailleurssijysuis.fr

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